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 Eloge de l’homo rugbysticus.

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fan de alegria
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MessageSujet: Eloge de l’homo rugbysticus.   Mar 22 Avr 2008 - 11:18

Peut-être ne sera-ce qu’une ébauche après tout, mais on peut définir une catégorie de personnes à partir d’une caractéristique ou d’un particularisme. On peut parler des adeptes du nudisme, on peut parler des campeurs, des ch’tis, des fans de Michael Jackson… Bref on peut catégoriser tous les hommes, du moins pour ce qui concerne leurs marques extérieures… On a même essayé de définir les blondes – sujet absurde – mais il est certain que notre cartésianisme essaie toujours d’avoir le dessus, et nous n’y pouvons rien, c’est dans nos gènes. Or, l’homo rugbysticus ne se différencie pas trop des autres homini.

Extérieurement il n’est pas différent d’une autre catégorie ethnique… d’ailleurs il n’est d’aucune ethnie en fait, il peut même être de toutes sortes d’ethnies et c’est en cela qu’il ressemble aux colombophiles, aux randonneurs et aux dégustateurs d’andouilles de Vire… Quoique, dans certains endroits, il peut aussi être colombophile, randonneur ou dégustateur de triperie normande… Parmi les nombreux homini rugbystici, il en existe principalement dans l’ancien Empire britannique, au nord et aux antipodes, et en France aussi… Mais malgré la différence fondamentale, voire l’opposition quasi millénaire existant entre ces deux types ethniques – Anglois et François – il y a beaucoup de choses qui les réunissent. Tout d’abord la forme moderne de la Soule – ou Sioule, ou Shoule, ou school ( ?) – est née au moment ou un événement fondamental intervenait dans la vie des jusqu’alors ennemis héréditaires (Capulet et Montaigu, les héros de la pièce de théâtre d’un certain ¾ aile de Stratford upon Avon…) jusqu’alors irréductibles et inconciliables… Et voici donc, qu’une femme, une reine, envisage que les overseas pourraient commencer d’être fréquentables. Pourtant quelques années auparavant, au sud de Bruxelles, tout semblait avoir été consommé et définitivement il était impossible que les « ceusses du nord puissent être fréquentés pas les ceusses du sud du Channel »… Quelques années après, tout aurait pu capoter, il est vrai en Afrique du côté de Fachoda, mais tout s’est bien passé, ouf ! Et depuis « l’Entente Cordiale » a survécu aux chaudrons allemands…

Ainsi donc, l’homo rugbysticus est né d’une alliance qui aurait pu être contre nature, mais le bébé était beau, la maman et le papa en étaient fiers. D’ailleurs, le passage dans les tranchées d’abord et les tribulations contre les nazis ensuite a largement fortifié cet enfant. Aujourd’hui, il joue avec pleins de petits camarades, des neveux du côté de sa mère pour la plupart, dont la plupart viennent du sud, anciennes colonies… ou de cette nation toujours curieuse de ce qui se fait chez les buveurs de thé (çà aussi c’est une curiosité, le thé comme élément allogène de l’homo rugbysticus – mais allez faire boire du thé à la sortie d’Ernest Wallon, sauf par – 20°, ce qui n’arrive pas tous les ans).

Le jeune HR (je ne vais pas toujours reprendre le sigle « homo rugbysticus »…) grandit, il va au collège, c’est là qu’il se fortifie, sous prétexte d’apprendre quelque chose selon le souhait de ses parents, mais il est très vite contaminé par ce drôle de ballon oval… Et sa vie est complètement transformée. Enfin, il n’a pas besoin de trouver une excuse pour expliquer pourquoi il rentre couvert de boue, la belle tunique impossible à récupérer et qui fait le désespoir de sa mère, les genoux écorchés, parfois même l’œil poché, les cheveux dans un état lamentable, et ce sourire immuable et qui s’agrandit à chaque occasion. Au début, les parents sont désorientés, le père a une sorte de perplexité sereine, la mère l’a un tantinet angoissée (« ils vont me l’abimer… »). Et puis un jour, ils se décident, ils vont aller voir leur rejeton sur le prè… Et le père naît enfin à la rugbyphilie – en fait ce phénomène est assez rare, ici il s’agit d’une fiction car quel est le père qui découvrirait avec son fils jouant le sport par excellence ? Il s’agit en fait d’une utopie : si je suis venu au rugby c’est par transmission, héritage génétique en quelque sort, mais continuons sur notre lancée – et la mère peut mettre un mot sur ses angoisses et ses gerçures aux mains – là aussi, il s’agit de parler en qualité d’ethnographe, merci Germaine Tillon, Claude Levi Strauss et Konrad Lorenz (enfin lui, il s’est intéressé aux oies sauvages et par assimilation au foies gras et donc au FC Auch…) – dues aux lessives faites avec du savon de Marseille, de la cendre et la pierre ponce et à son impuissance à ôter les taches de boue (était-ce seulement de la boue) sur le maillot blanc – il lui fallait un maillot blanc, comme si le noir ou le rouge n’étaient pas aussi bien – dont elle peut voir que 14 autres gamins ont le même et les 14 autres mères découvrent alors leur communauté d’impuissance – mais tout çà va changer avec l’apparition miraculeuse des machines à laver et des lessives non moins miraculeuses qui peu à peu seront moins polluantes et qui vous rendront une peau douce et une regard moins humide mesdames.

HR poursuit ou non ses études, poursuit ou non son ascension rugbystique, il déménage ou il change de sport ou… mais il reste désormais attaché aux valeurs de ce jeu où tricher n’est pas tolérable, sauf si on aime la cueillette des marrons, des châtaignes, des poires, fruits de l’automne et des rucks, voire des sorties de vestiaires, se cacher n’est pas possible… Il découvre très vite une valeur fondamentale que les anglais cultivent depuis très longtemps, le flegme et l’esprit de corps et l’ironie de soi (il y a quelques temps, j’ai lu un polar où un des policiers écossais – mais ce n’était pas John Rebus – disait à un de ses collègues sur son lit d’hôpital, d’une autre ville, peu après que ce dernier, ait manqué d’être massacré par un malfaiteur : « good tackle, indeed, but you got him ! »). HR aime le contact avec les autres, évidemment en premier lieu ceux qui partagent sa pathologie, si tant est que l’on puisse définir un caractère pathologique à ce type de cas, il ne rencontre pas forcément ses congénères ailleurs qu’aux abords d’un prè où l’herbe verte est ponctuée de grands poteaux (4 en fait, 2 à chaque bout du terrain avec une barre transversale). Mais s’il y a un petit coin ensoleillé, une terrasse par exemple qui donne dessus c’est mieux. Cà leur rappelle les matchs, et parfois, mais là c’est souvent plus difficile car le souvenir est embrumé par des vapeurs d’eau chaude, des goûts de bière et des parfums de camphre et autres médications, de maillots imbibés de transpirations et de sueurs, la joie ou l’amertume mêlée, de cette odeur forte des corps en pleine santé qui ont été jusqu’au bout de 80 minutes d’effort, de combat, où la chair sent la chair de l’autre, le souvenir olfactif se réveille avec violence. Et tout à coup, le flash-back : « c’était à tel endroit, on avait battu les autres, mais le match avait très rude et je me souviens de ces mêlées où l’autre essayait de me vriller. La première j’ai explosé et je me suis retrouvé par terre. M., tu sais le talonneur, m’a pris entre ses deux poings et m’a dit avec la rage contenue, mais à peine, « tu es plus fort que lui, prend le tronche à tronche, il va finir par comprendre ! » Ce que je fis, mais tout au long du match ce fut la guerre entre lui et moi, dans les mêlées ouvertes on se cherchait, on se trouvait on se prenait, même si l’action avait lieu loin de nous… P…, c’était chaud. Mais, en fin de match, j’ai eu le dessus comme toute l’équipe. Après le match, il est venu me voir dans notre coin – on n’était pas à Aîmé Giral – on avait les vestiaires en plein air chaque équipe séparée par le camion des pompiers… il s’est donc approché de notre camp et m’a appelé, il a sorti 2 bibines et on a trinqué, à l’époque en cadet, on ne pouvait pas échangé les maillots. Et on est resté là un petit moment à boire nos bières en silence. Puis, les copains nous ont appelés et on s’est serré la main en se disant qu’on se reverrait au match retour et qu’on verrait bien ce qui se passerait à ce moment-là… Au match retour, j’étais malade, je n’ai pas pu aller le revoir. » HR écoute ce récit et se dit que pour lui c’est pareil et il en a des histoire… Là où c’est comique c’est quand des joueurs qui ont joué les uns contre les autres se retrouvent. Ils se connaissent par cœur, et ils aiment à se chambrer mutuellement. Evidemment ce qui les fait beaucoup parler, c’est le « club », celui de leur cœur, celui où ils ont des souvenirs – de terrain ou de bord de touche – et qu’ils aimeraient voir meilleur, mieux classé au championnat, « mais il y a Machin qui ne veut pas mettre la main à la poche pour payer ceci ou cela, ou faire signer tel ou tel… » « Et l’entraîneur, il y connaît rien, il faut le virer », « mais non, il est très bien, tu ne peux pas demander à un type comme lui qui a été à tel ou tel endroit de s’occuper des chèvres alors qu’il a élevé des taureaux. » « Et d’ailleurs en 1978, tu te souviens d’Untel ? Et bien, il était tellement bon, qu’il a été viré à 10 journées de la fin et nous sommes descendus ». Voilà ce que deviens HR, un type qui ne risque pas d’aborder Aloïs dans la rue et de lui demander son chemin, il peut refaire sans cesse l’histoire et il écoute, et il est patient… Il sait qu’un jour il verra l’essai construit par son équipe après une conquête et une domination du sujet.

Oui, dans le HR, il y a aussi quelque chose du HT, Homo Toristicus dans ce fait : un jour il verra la passe majestueuse et la grâce du toro le plus noble, et HR sera transporté de bonheur lorsque son équipe ayant subi, certes, sera capable d’amener après une phase de jeu longue et presque lente comme une véronique, « templée » à souhait, la balle dans les bras du trois quart aile derrière la ligne – ah ! Revoir l’essai de SB en demi-finale contre l’Australie en 1987, ou celui de JL contre les Anglais en 1995 ou du petit X contre les verts et jaunes de S. en 2005…

Le HR est un nostalgique actif et dynamique, car le rugby est toujours neuf, la chanson de gestes se poursuit, elle est sans fin et le caractère de cet homme est sourire et bonheur. Il n’a que rarement la défaite mauvaise mais parfois la victoire ironique et il aime à chambrer l’autre, pas par méchanceté, car après tout, ce qui compte, c’est le silence et la bière après la rencontre.
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MessageSujet: Re: Eloge de l’homo rugbysticus.   Mar 22 Avr 2008 - 13:09

Jolie plume, Fan!
J'ai toujours autant de plaisir a te lire... parce que tu fais se derouler dans ma tete des images d'antan qui me sont cheres Very Happy ...
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bushi
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MessageSujet: Re: Eloge de l’homo rugbysticus.   Mar 22 Avr 2008 - 14:16

j'étais en train de me revoir a 16-17 ans , mon maillot rouge et bleu sur le dos et la tronche en vrac....... souvenir souvenir... merci fan
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MessageSujet: Re: Eloge de l’homo rugbysticus.   Mar 22 Avr 2008 - 17:07

Il est sympa ce forum...
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MessageSujet: Re: Eloge de l’homo rugbysticus.   Mar 22 Avr 2008 - 17:22

fan de alegria a écrit:
Il est sympa ce forum...

sauf qu'il y a des relous qui balance des pavés de 800 m de long, et que c'est difficile à lire au boulot. Wink

c'est si bon de te lire FDA (Fumier D'Artiste ???) car le nombre d'entre nous qui se retrouve dans ce que tu viens d'écrire.
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MessageSujet: Re: Eloge de l’homo rugbysticus.   Mar 22 Avr 2008 - 17:38

Texte très sympa FdA... Mêlant à la fois humour et émotion
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MessageSujet: Re: Eloge de l’homo rugbysticus.   Mar 22 Avr 2008 - 19:31

J'aimerais faire plus court la prochaine fois... Mais dites-le aussi à WKM.
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MessageSujet: Re: Eloge de l’homo rugbysticus.   Mar 22 Avr 2008 - 19:49

fan de alegria a écrit:
J'aimerais faire plus court la prochaine fois... Mais dites-le aussi à WKM.
je plaisante Fan, je plaisante

mais je t'avoue, que quand je suis au taf, ton post, je ne lis pas : j'attends d'être à la maison.

mais que c'est frais. Merci.
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MessageSujet: Re: Eloge de l’homo rugbysticus.   Mar 22 Avr 2008 - 19:59

lulutoutvert a écrit:
fan de alegria a écrit:
J'aimerais faire plus court la prochaine fois... Mais dites-le aussi à WKM.
je plaisante Fan, je plaisante

mais je t'avoue, que quand je suis au taf, ton post, je ne lis pas : j'attends d'être à la maison.

mais que c'est frais. Merci.

Oui Soljenitsyne est mon romancier préféré avec Tolstoï, Victor Hugo... Des auteurs tout en nuance non ?
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lulutoutvert
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MessageSujet: Re: Eloge de l’homo rugbysticus.   Mar 22 Avr 2008 - 20:02

fan de alegria a écrit:


Oui Soljenitsyne est mon romancier préféré avec Tolstoï, Victor Hugo... Des auteurs tout en nuance non ?

des novellistes, bien sur.
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fan de alegria
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MessageSujet: Re: Eloge de l’homo rugbysticus.   Mar 22 Avr 2008 - 20:11

lulutoutvert a écrit:
fan de alegria a écrit:


Oui Soljenitsyne est mon romancier préféré avec Tolstoï, Victor Hugo... Des auteurs tout en nuance non ?

des novellistes, bien sur.

Oui et contemporains
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Gotzy
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MessageSujet: Re: Eloge de l’homo rugbysticus.   Mer 23 Avr 2008 - 18:31

Du simple bonheur de te lire
Merci Fan
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MessageSujet: Eloge de l’homo rugbysticus (suite)   Lun 28 Avr 2008 - 12:27

Aujourd’hui, il nous faut parler de l’arbitre, de l’arbitrage et de l’éducation.

En effet, samedi, à Jean Dauger, j’ai trouvé l’ambiance assez sage et peu encline à invectiver et l’adversaire, et l’arbitre. De plus, le dimanche après-midi, dans la même enceinte, ceux qui ont regardé le match des espoirs ont pu constater que l’arbitre de la rencontre n’avait pas reçu de quolibets et d’insultes, de même que son confrère du match des féminines de l’ASB… Le public bayonnais était-il donc devenu sage ? Çà serait étonnant ! les arbitres seraient-ils devenus incontestables ? Çà serait vraiment unique dans les annales de l’histoire de notre jeu !

Plus simplement, je pense que le public du samedi était atone, amorphe et aussi abattu par le soleil que par la médiocrité du jeu proposé par les deux équipes, et surtout par les ciels et blancs, naïfs, manquants d’ambition, empêtrés dans des combinaisons complexes et mortelles d’ennui. L’arbitre n’a été que très peu contesté…

Un petit mot sur l’équipe… Elle traverse une trop longue période de doutes et d’incertitudes. Il est temps que çà change. En fait, les trois derniers matchs ont été mauvais parce que les blessés obligent le staff à poser des pansements sur une jambe de bois. Et Richard est l’arrière de cette équipe. Ce n’est manifestement pas son poste cette saison. Les vrais arrières n’étaient pas disponibles ? Pepito est entré en cours de match remplacer Gerber, était-ce judicieux ? Certes le ¾ aile devait sortir, ne pouvait-on pas faire glisser Vincent sur l’aile pour faire descendre Richard en 13 ? Je ne sais si çà aurait changé grand-chose, ce que je dis n’est qu’une spéculation… mais bon… De même, pourquoi faire rentrer Daniel en 10 alors que le fonctionnement 8-9-10-12 était bon ? Manny est sorti, mais le match était déjà plié, et le mauvais choix tactique a continué. En outre, et c’est beaucoup plus grave, la touche n’a plus fonctionné du tout à partir de la fin de la première mi-temps, quand on a joué les 3 penaltouches que l’on a perdu. Si on y ajoute les 3 pénalités perdues par Richard… Par comparaison, ce qui n’est pas raison comme chacun sait, le match La Rochelle/Toulon où les noirs ont battu, non sans mal, les rouges et noirs… Toulon a perdu 1 ou 2 touches en fin de deuxième mi-temps, mais parce que les rochelais ont su lire leurs annonces… Alors que nous avons perdu les nôtres sur de mauvais lancers. Sur une touche dans les 10m adverses, pourquoi faire de longues annonces de combinaisons alors que simplement on pourrait faire sur le premier sauteur pour organiser un maul pivot de l’attaque… Les autres ont très vite compris, Forest (9) et Milloud ne sont pas nés d’avant-hier et savent lire le jeu adverse. Le pack berjalien a une excellente réputation en touche, pourquoi se compliquer la vie ? Par comparaison, le dimanche, nos 2 sauteurs, Lagrange et Etchegaray ont pris leur lot de ballons et le talonneur n’entendait pas une kyrielle de chiffres et de lettre… Mais je ne suis pas Pemeja, il saura bien remédier à ce problème récurrent, j’espère.

Bon, après cette digression trop longue pour ceux qui ont la flemme de lire, venons-en à la question de l’arbitre. Je prends ici comme point d’appui, les déclarations de MM. Delmas et consorts. L’arbitre est devenu progressivement un pédagogue et non plus seulement le juge de « paix » qui sanctionne une faute. Le jeu d’aujourd’hui est plus rapide et plus violent qu’il l’était il y a une dizaine d’années. Le professionnalisme aidant – si on peut dire – les structures ont dû s’adapter, mais est-ce vrai partout ? Dans le domaine de l’arbitrage, nous observons qu’un certain nombres – parmi les moins performants – ont pris de la modernité de leur métier – je dis bien métier – que le fait de s’en référer à la télévision. Ainsi, il n’y a pas longtemps, un arbitre de touche lors du match contre le Stade Français – début de nos gros déboires – a refusé de prendre position sur une faute manifeste pourtant et il a demandé à l’arbitre central de demander la vidéo… En revanche, un certain nombre des hommes du centre sont assez bons, pour ne pas dire excellents. Je ne pourrais dire si M. Rosich en est un, mais il ne m’a pas semblé mauvais samedi. En revanche, il me semble que les mots de l’entraîneur biarrot, ou de quelques autres (souvent de la même équipe, rappelez-vous certains commentaires de l’autre entraîneur lors de la finale du championnat de France…) devraient être commentés par des instances de la LNR. Cependant, dans ce domaine la partialité n’existe pas de même que la justice. Un arbitre n’est pas contestable dans ses décisions, c’est ce qui fait la beauté principale de notre jeu. J’ai dans l’oreille les mots de l’arbitre de ce match de Pro D2 hier après-midi alors que le capitaine toulonnais, au moment où son joueur est expulsé du terrain avec un carton jaune pour geste dangereux, que le même geste a été fait sur un rouge et noir un peu plus tôt : « Ce n’est pas pareil, Monsieur ! »… Et c’est vrai que ce n’était pas pareil, l’auteur de la première cravate n’avait fait qu’un placage haut et le joueur noir et rouge n’avait pas été renversé dans l’action, alors que le rochelais était passé sous une corde à linge véritable et tendue… après ces mots, le toulonnais est revenu dans son camp sans contesté. Mais ce que je reproche dans les paroles des entraîneurs, et M. Novès en est souvent le contestataire ironique et déterminé, c’est que ces messieurs sont avant tout des éducateurs. Ce que disent les forumeurs dans des posts souvent démesurément agressifs, ne concernent qu’eux, ce que disent les hommes publics dans la presse est pour tout le monde. Dire qu’un arbitre a été mauvais c’est déjà une chose, mais dire et laisser comprendre qu’il est malhonnête, c’est de la diffamation, et la justice peut s’en occuper. Le fait est qu’une décision d’arbitrage peut n’être pas bonne, mais l’homme est tout seul et il doit faire en sorte que les règles du jeu soit observer de façon à ce que le déroulement de l’épreuve soit bon dans l’esprit. Les joueurs n’ont rien à dire, les capitaines seuls ont le droit de parler à l’arbitre… Si cette simple règle était seulement observée, ce serait déjà bien. Mais voilà, sur le bord de la touche on entend tout, et là, il n’y a plus d’esprit rugby dirait-on. Hier, l’entraîneur des espoirs de Toulon invectivait l’arbitre pour que ce dernier sanctionne plus les bleus et blancs… çà n’a pas été dans son sens, ils ont pris 3 essais (25 à 9).

Ce sport génial a été créé dans les années glorieuses du XIXème siècle en Grande-Bretagne pour participer à l’éducation des jeunes gens, où on leur inculquait également les lois de la société, et du fonctionnement de la politique et de l’économie. Entre 1830 et 1940 la Grande-Bretagne était la première puissance mondiale et le premier empire économique et colonial. Les jeunes britanniques (et du Commonwealth) sont tombés en grand nombre pour que le monde du libre-échange, de la culture et du sport soit libre… Et le rugby est toujours un sport d’hommes libres (on ne peut y jouer dans une prison… il faut de l’espace). L’arbitre est là pour faire respecter un minimum de règles (malheureusement toujours plus nombreuses) notamment pour qu’il n’y ait pas de blessés graves dus aux coups et qu’il n’y ait pas de tricheries. Or s’en prendre verbalement à l’honnêteté d’un homme qui fait se travail, c’est dire que l’on s’en prend à la capacité d’une société, d’un groupe à vivre et à jouer avec un ensemble de règles communes. MM. Les entraîneurs râleurs, à 10.

Le public ne se trouve pas dans la même obligation. Il a la possibilité de hurler sa frustration et d’invectiver l’arbitre… Mais ce public là ressemble beaucoup à ceux d’un sport connu pour çà, des énergumènes sans loi et sans règle incapables de vivre dans une société organisée et réglementée. En Grande-Bretagne, s’agissant du rugby bien sur, il n’y a pas de sifflets ou de hurlements poussés contre les buteurs, il n’y a pas non plus de hurlements devant une décision d’arbitrage, ou même contre un arbitre de touche qui estime une sortie de touche pas du goût du public. En France, c’est sûrement une attitude inconnue. On insulte copieusement tout arbitre (du centre, de la touche, en régie…), on insulte son honneur, ses capacités… Tout. C’est une honte, mais les publics français des stades n’ont rien à faire de l’honneur et on en lit parfois sur ces forums où ils peuvent dégager leur haine et leur violence gratuite cachée derrière un anonymat de pseudos.

Etre supporter de rugby, c’est être avant tout rugbyman. Mais trop souvent être supporter n’est qu’une question de chauvinisme, de nationalisme, de racisme… de fascisme (regardez bien les définitions avant de réagir aveuglément). Et le public du rugby n’échappe pas à çà. Dans certains stades – comme à Jean Bouin par exemple – le speaker rappelle les règles élémentaires du bien vivre le match. Et le public essaie d’être en accord avec çà. Ailleurs c’est la quantité du bruit qui est rappelé – plus tu assourdis l’autre, plus tu as raison. Et le respect de l’adversaire et des arbitres qu’en est-il ? Et çà nous est rappelé par un message de la ligue sur tous les stades dit par un enfant.

Le meilleur public de France n’est pas celui qui chante le mieux en début de match, qui distribue le plus grand nombre de drapeaux, de tifos – c’est déjà très bien –qui accueille le mieux les quelques supporters de l’équipe adverse – c’est encore mieux et merci – c’est celui qui accepte les mauvaises décisions d’un homme qui n’est qu’un homme comme ses bonnes, qui crie sa joie dans la victoire et qui ne se venge pas sur l’arbitre en cas de défaite.
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MessageSujet: Re: Eloge de l’homo rugbysticus.   Lun 28 Avr 2008 - 13:04

Diable, fais gaffe : tu te "WMKizes" !!!!

Bon, je vais prendre le temps de lier toussa et je fais un commentaire de 28 pages !
Ce forum c'est mieux qu'un livre !
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MessageSujet: Re: Eloge de l’homo rugbysticus.   Lun 28 Avr 2008 - 17:27

Je connais même un éditeur (de cartes routières, il est vrai...).

Mais c'est toi qui écris le mieux quand même.
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MessageSujet: Re: Eloge de l’homo rugbysticus.   Sam 3 Mai 2008 - 18:01

De vieux posts dans l'esprit de ceux de Fda :
http://rugbyxv.forums-actifs.com/humour-f83/mythovalies-t455.htm#3330
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MessageSujet: Le rugby comme combat.   Lun 5 Mai 2008 - 12:28

Ce dont nous avons débattu souvent, ce dont je rêvais tout bas : le rugby est un sport de combat qui commence devant, est arrivé enfin. Les énergies se sont enfin libérées et de quelle manière… Mais après combien de temps morts, lourds, de fautes répétées, d’imprécisions dans les passes ou dans les coups de pieds…

Nous avons trop vus de matchs où il manquait cette notion de panache. Le combat dans l’honneur et la force. Lorsqu’une équipe est dominée dans tous les secteurs du jeu, elle a tendance à se recroquevillée sur ses savoir-faire et manquer de lucidité. En outre, pour peu que l’adversaire appartienne au « carré magique », on va être pris au piège de sa propre naïveté, et les faiblesses du jeu seront de plus en plus flagrantes et les fautes de plus en plus nombreuses et évidentes. En revanche, si la clairvoyance est là et que l’on arrive à lire le jeu de manière correcte, même si on est plus faible, on peut arriver à faire douter l’adversaire. Chose qui n’est pas facile à réaliser sans un mental très fort, construit dans l’adversité et la difficulté.

Le combat qu’a mené l’équipe de l’Aviron samedi est de cet ordre. Un match qui allait finir comme bien d’autres sans joie et sans gloire, défaite ou victoire peu importe… Mais non, en 2 phases de combat remarquables d’engagement de toute l’équipe, le pack allait accomplir une sorte d’exploit. Certes, des esprits qui ne connaissent pas ce jeu, diront – et ont dit – : « mais qu’est-ce qu’ils font là, vite on dégage vers l’avant et basta, on verra bien » ! D’autres encore ont râlé et crié leur colère : « on va encore se faire planter une pénalité, comme d’habitude ! » et que s’est-il passé ? D’une part les bleus de devant entraînés par un Arnaud Héguy tout juste remis de son entorse légère au genou vont infliger une lourde séquence aux hommes en rouge et bleu sur leur ligne d’en-but et le talonneur conduisant la charge bien encouragé par Mickael et toute la ligne de ¾ (on voit Vincent Inigo, Graig Gower et Richard y aller de leurs cris et de leurs bras) va plonger derrière la ligne et faire changer la donne. Les bleus et blancs mènent alors grâce à la patte de Richard. Ensuite, dans les 7 dernières minutes de la rencontre, les avants, sur une touche dans nos 5 m vont infliger une nouvelle séquence de force, qui ont paru encore longues pour les cœurs de certains – la trinitrine était de rigueur samedi, comme les bérets et les casquettes – et pour les donneurs de leçons de rugby en chambre – de salon, c’est selon – qui voyaient encore une équipe faible et fragile. Mais il n’en était rien. Le combat, jusqu’à la dernière seconde avec un demi de mêlée enfoui au cœur du ruck et dont le rôle était assumé par Richard – toujours là lui – avec les encouragements de Benjamin Lhande entré à la place de J. B. Peyras sorti à cause de crampes. Là j’ai vu 2 avants particulièrement motivés et combattants qui donnent de l’espoir. D’abord Arnaud Héguy, au cœur du réacteur en remettant une couche et ensuite David Roumieu entré à la place de Iguinitz (sans certitude) puisque les mêlées étaient désormais simulées. Rudes au combat les 2 frères, très rudes… Mais j’ai pu observer un ENORME Guillaume Bernad – entré en lieu et place de Louis Massabeau en fin de deuxième mi-temps – toujours bon dans la relance de cette suite de peak n go… Les autres n’étaient pas absents, çà va de soi.



Pendant le match on a vu les 2 autres troisième ligne, Dwayne Haare et Jacques Deen (celui-ci commettant quelques en avant, mais qui ne risque rien ne commet aucune faute c’est bien connu) toujours à la relance. Et la deuxième ligne ! Que dire, sinon que Nicolas Lafite et Andrew Springgay ont été très forts, eux que l’on ne cesse de critiquer sur la rive gauche de la Nive : une pauvre deuxième ligne, indigne du Top 14, qui ne prend plus une balle en touche et qui affaiblit la mêlée. Ici rien de tout çà. D’abord ils ont piqué quelques balles à l’adversaire, et en ont conservé.

Enfin, je voudrais rendre un hommage particulier à nos piliers, toujours aussi jeunes, et toujours aussi légers… Qui ont tenu – et plus non ? – face à la grosse artillerie montpelliéraine, notamment le 3… ils ont tellement bien tenu, messieurs les chagrins, que ce derniers ont rendu les armes lors de la phase de combat en fin de seconde mi-temps. Non, Julien, Pierre-Philippe et Aretz n’ont jamais craqué (y compris lorsque PP a été exclu sur carton jaune en première mi-temps). Et même, les rouges et bleus – surtout le 3 et le 17 - ont commis des fautes qui auraient dû leur coûter plus cher en deuxième mi-temps pour positions de hors-jeu quasi systématiques.

Je voudrais dire mon indignation, une fois de plus, à propos des mêlées simulées. L’arbitre ne peut-il rien dire lorsque, au milieu d’une séquence forte, comme entre la 28ème et la 34ème minute, l’Aviron poussant très fort en mêlée dans les 5m adverse se voit opposer ce système tactique. Tant que la mêlée est pour l’attaquant, ce n’est pas un problème (encore que ???), mais à partir de ce moment, la mêlée ne sert plus de lieu de combat – ou seulement de confrontation – alors que les mauls, regroupements et autres rucks conservent la même intensité, comme on le voit juste après cette séquence de folie. Mais, imaginons que nous soyons sur un coup de pied de défense contraint à nous replier et à concéder non seulement une touche mais une mêlée contre nous…
L’adversaire, soit-disant moins fort puisque n’ayant plus de piliers valides, gagne sa mêlée et… Alors, les bleus et blancs font revenir David Roumieu sur le terrain en remplacement d’un pilier. Mais si sur la touche il reste le demi de mêlée et un ¾ remplaçants… a-t-on le droit d’en faire entrer un pour participer à cette mascarade ? Je ne le crois pas, mais pourquoi pas. Ce serait amusant d’avoir 7 avants et, en plus de la charnière, 6 attaquants…

Il n’y a pas si longtemps, il n’y avait pas de remplaçants, ou si peu et les matchs faisaient déjà 80 mn et la mi-temps ne duraient que quelques minutes (il n’y avait pas de « réclames », c’est vrai). Et je pense qu’une première ligne d’il y a trente ans serait beaucoup plus forte qu’une première ligne d’aujourd’hui sur la durée – imaginez un match entre d’un côté Mas - Szarzewski - Brugnaud face Dintrans – Dubroca – Papremborde.

Bon, je m’égare, je le reconnais, mais j’ai du mal à comprendre cet état d’esprit. Le comble de la tricherie c’est çà. Lorsqu’on est malmené dans ce secteur de jeu – pour moi fondamental -alors on change les règles du jeu. Beaucoup me disent : « mais il faut penser à la santé des joueurs. » Et alors, avant on n’y pensait pas ? On jouait avec ce facteur, et les phases de combat dans ce secteur me semblaient plus rudes qu’aujourd’hui. Mais, pour ne parler que de notre club bien aimé, beaucoup de nos adversaires, ces derniers mois ont succombé à cette facilité, il y a eu au moins Albi, Paris et Montpellier, packs réputés gros.

Mais je dois dire que si les fautes de mains avaient été moins nombreuses et si les coups de pieds de relance ou de déplacement ou pour trouver des touches chez l’adversaire avaient eu un peu de réussite, peut-être n’aurions-nous pas vu ces séquences de combat de fin de match. J’ai regretté que Richard n’ait pas eu plus de réussite dans ce secteur du jeu : très peu de touches trouvées, mais Edmonds y est arrivé parfois. J’ai aussi regretté que ce dernier n’ait pas réussi à peser plus sur le jeu, en particulier dans ses choix à la main. Et je pense qu’il aurait pu, peut-être alterner au pied. Sa passe dans le vide ne doit pas faire l’objet de longues disputes, ce genre de maladresse est imputable aussi bien à lui qu’à celui qui aurait dû être plus concentré… J’ai trouvé aussi Peyras un peu absent parfois. Mais je pense qu’il doit s’ennuyer ferme sur l’aile. Quant à Pepito, quand donc le mettra t-on à l’arrière où Richard n’a rien à faire vu qu’il n’est pas bon dans le jeu au pied ? Il vaudrait mieux, pour la fin de saison, que notre capitaine joue au centre une partie du match, puisqu’il est quand même très sûr dans ces coups de pieds au but. Cependant la paire Gower-Inigo est vraiment complémentaire et efficace. Je dois dire que je craignais la rentrée de Daniel, car je le sentais absent depuis un bon moment, mais je l’ai trouvé bon et accrocheur face à un François Trinh Duc qui croyait que c’était arrivé.

Mais j’ai trouvé le MHRC un peu plus faible que je pensais. La troisième ligne était moins mobile – même si leur 8 a marqué l’essai sur une attaque très puissante de Saramea et retour sur le centre - que la nôtre et Picamoles souvent dans le rouge sur le plan physique. En revanche, ils ont un très bon –TRES BON – demi de mêlée, meilleur que le petit Parra. Thomas n’est pas à vendre ? Et une ligne de ¾ de très bonne classe.

Aujourd’hui nous pouvons avoir enfin une équipe type :
Fiorini – Roumieu – Lafond (Héguy – Iguinitz)
Springgay – Lafite (Twehata/Rennie)
Haare – Deen – Bernad (Marmouyet – Massabeau - Elghoyen… et bientôt Baget)
Howard – Edmonds (Lopes – Larretchea)
Peyras (Lhande) – Gower – Inigo (Dourthe/Hegarty) – Gerber
Pepito.

Je reste persuadé que l’axe 2 - 8 – 9 – 10 – 12 est très fort – ces derniers parlant la même langue. Il nous faut assurer le 15. Les blessures n’ont pas été épargnées à ce groupe et le mois d’avril terriblement éprouvant, peut-être que tout ira mieux jusqu’à la fin de la saison ? Si on tient compte des titulaires tels que je les ai nommés, il faut donner le capitanat à David Roumieu.

Mais pour conclure ce petit sujet sur le rugby comme combat, il faut bien dire que le contraire du combat est la naïveté qui a fait perdre tant de matchs, à commencer contre le BO en janvier ou contre CSBJ il y a une semaine et peut-être même contre le ST, ou à Dax… Tant que ce défaut ne sera pas complètement évacué il y aura de la fragilité dans l’armure. Cette prise de conscience va de pair avec la concentration et l’attention dans le match, et l’équipe commet forcément moins de faute. Et samedi elle nous a montré qu’elle pouvait parfaitement maîtrisé le jeu sans se mettre en danger.
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MessageSujet: Re: Eloge de l’homo rugbysticus.   Mer 7 Mai 2008 - 7:40

C'est dommage que personne n'ait lu mon papier.
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MessageSujet: Re: Eloge de l’homo rugbysticus.   Mer 7 Mai 2008 - 22:09

fan de alegria a écrit:
C'est dommage que personne n'ait lu mon papier.

Je viens de le lire, mon cher Fan...
Et je vais le relire... J"ai aussi eu le plaisir de voir les photos du match dont tu parles...
J'ai peu de chose a proposer car, d'ou je suis, je ne peux pas voir les matches et beaucoup des joueurs dont tu parles me sont inconnus. Je connais ceux qui jouerent pendant la coupe du monde, qui participerent aux tournois de ces dernieres annees (au gre de mes visites en Europe) et de cette annee grace a Setanta Broadband, et qui jouent dans la Heineken Cup.

Je dirais cependant que j'avais trouver Parra prometteur. Si Thomas est meilleur, l'EDF a de quoi sourire.
En ce qui concerne les melees simulees, j'avoue que j'en ai vu une, pour la premiere fois, pendant la demi-finale de la Heineken Cup entre Munster et les Saracens. Je ne connaissais pas cette pratique et je la trouve invraissemblable. Il y a la une logique qui m'echappe. Cette apres-midi, j'ai ecoute le match entre Toulouse et Castres. En deuxieme mi-temps, il y eut des melees simulees. Noves a fait entrer Lamboley pour jouer pilier... Cette pratique denature notre sport... Il faudra qu'on m'explique, une nouvelle fois, le pourquoi de cela...
Bravo a l'Aviron...
Et salut a toi, l'ami Fan...
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MessageSujet: Re: Eloge de l’homo rugbysticus.   Jeu 8 Mai 2008 - 16:24

fan de alegria a écrit:
C'est dommage que personne n'ait lu mon papier.

Mais si.
c'est juste difficile de poster quand on a pas vu le match.
Mais surtout continue à nous faire vivre les matchs de l'AB et ce qu'ils t'évoquent.
Moi, ici, j'ai droit à Hayange-Mutzig et j'ai vraiment pas de quoi faire un papier (sinon un mouchoir en papier)...
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MessageSujet: Re: Eloge de l’homo rugbysticus.   Jeu 8 Mai 2008 - 17:18

WKM a écrit:
fan de alegria a écrit:
C'est dommage que personne n'ait lu mon papier.

Mais si.
c'est juste difficile de poster quand on a pas vu le match.
Mais surtout continue à nous faire vivre les matchs de l'AB et ce qu'ils t'évoquent.
Moi, ici, j'ai droit à Hayange-Mutzig et j'ai vraiment pas de quoi faire un papier (sinon un mouchoir en papier)...

Mon fils a joué un match contre St Dié, il y a peu à Vincennes, il a marqué 2 essais...

C'est tout ce que je connais du rugby vosgien... Alors on est quitte... Non je rigole.

Mais je n'aime pas les mêlées simulées, tu l'as compris aussi.
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MessageSujet: Re: Eloge de l’homo rugbysticus.   Jeu 8 Mai 2008 - 23:00

....... C'est dommage que personne n'ait lu mon papier. ...... affraid

ah non..... tu vas quand meme pas nous faire une déprime mon ami Suspect
ce n'est pas parce-que je ne répond pas a tout tes post que je ne les lis pas , et je pense ne pas etre le seul dans ce cas....
alors t'a interret a continuer de nous abreuver de post a rallonge mettant en image l'idée de l'inter-activité deployé par une mellé sur la 2eme touche de balle.... ou le coucher du soleil dans le ciel du pays basques.....
alors a bientot de te lire et avec plaisir
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MessageSujet: Re: Eloge de l’homo rugbysticus.   Ven 9 Mai 2008 - 0:16

Cher Bayonnais, je peux t'affirmer que tes posts sont lus Alors continue à nous régaler (tout comme les autres rois de la prose rugbystique ) !!!

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MessageSujet: Re: Eloge de l’homo rugbysticus.   Ven 9 Mai 2008 - 12:21

MILESKER...


Non vraiment je vous remercie.

En revanche, je ne ferai aucun commentaire du match Auch/Bayonne, sauf si je peux le voir à la télé...
A bientôt
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MessageSujet: Bonne nuit les petits   Lun 19 Mai 2008 - 11:34

Eloge de l’homo rugbysticus (suite 2)…

Comme le match Bayonne – Castres m’en donne l’occasion, je vais revenir et développer une idée sur le rugby et la liberté.

En effet, samedi, le stade Jean Dauger a été le cadre d’une rencontre de rugby qui n’a pas été sans défaut, mais qui a été intense et où notre équipe s’est bien battu contre un adversaire redoutable et qui avait battu le leader chez lui à Michelin… Et cette victoire des ciel et blancs est due autant à leur vaillance qu’à la mentalité dont ils transpiraient, cet esprit de liberté qui fait découvrir de nouveaux espaces et de nouveaux temps…

Avez-vous déjà écouté Miles Davies ou Dizzy Gillespie en concert ? Ou encore Wayne Shorter ou Winton Marsalis ? Ces deux derniers vous pouvez encore le faire en live… Et bien le grand orchestre de Richard Dourthe a essayé de nous interpréter samedi un grand concert – aidé il est vrai par des spectateurs qui avaient un autre répertoire. En face, je dois le reconnaître, la formation du chef Lionel Nallet n’a jamais démissionné, et même, c’est grâce à elle que certains des solistes bleus et blancs ont pu être à leur meilleur niveau. Il faut dire que les joueurs adverses ont une solide réputation et, si on fait la compétition poste à poste, les ttiki bayonnais sont plus légers que leurs homologues, mais ce sont les riverains de la Nive qui ont été dominateurs, du moins la plupart du match.

Permettez-moi, même vous les grincheux, de continuer cette comparaison avec une de mes musiques favorites, dans ce pays qui a vu naître un des meilleurs musiciens de jazz français, Michel Portal, et un des meilleurs critiques, Francis Marmande. Jazz, Rugby, Pelote et tauromachie sont les axes de mes plaisirs et de ceux qui font qu’on aime cette ville… Certes, ils ne sont pas les seuls. Et le jazz est le symbole, en musique de la liberté, peut-être parce qu’il a été inventé par des esclaves, mais surtout parce qu’il a été pratiqué et joué pour la liberté. En Europe nous avons découvert cette musique après la première guerre mondiale et les grandes formations, Duke Ellington, Count Basie ou autre sont arrivées chez nous après 1944. Le fond d’un morceau de jazz, c’est un thème souvent simple, une mélodie, un hymne, un air, et les différents musiciens vont s’en servir pour improviser, aucune limite n’est donnée, sauf peut-être la durée pour les enregistrements sinon, en concert, il n’y a rien et les solistes se succèdent, de manière organisée cependant autour du leader – celui qui a lancé le thème.

Sur le pré, il en a été de même. Autour de leur chef, les différents participants, les 15 de départ et leurs remplaçants – et ceux qui ne participaient au match – ont joué juste. Dès le coup d’envoi, les avants emmenés par un Guillaume Bernad des grands soirs, avec son complice Jean-Joseph Marmouyet se ruent sur le terrain de l’adversaire et le défient. Ces derniers se compliquent un peu la vie et commettent des fautes… Alors le pied magique de Richard marque le tempo. Dès le coup de remise en jeu, les amis de Castres se font remonter rapidement : le coup de pied n’a pas été suivi d’une réception et d’un maul, mais d’une relance rapide. Et les ciel et blancs se retrouvent dans le camp des marine et célestes… Et là,le premier coup de génie de Manny Edmonds qui ouvre la porte à son compatriote Graig Gower qui franchit la ligne. Rapide et efficace (10 à 0), c’est la première fois que notre équipe mène au score depuis longtemps… Depuis que nous avons reçu Perpignan fin décembre. C’est bon signe. Sur ce coup, les 2 australiens ont été aussi efficace que le duo Coltrane-Davies dans So What, thème et improvisation – en plus rapide – mais les attaques sèches du demi d’ouverture vont se multiplier et le premier centre nous régaler encore. Mais n’anticipons pas. En effet, la formation en face va nous mettre à l’épreuve.

Ils vont venir dans notre camp pour tenter de revenir et nous commettons des fautes qui les font se rapprocher de nous, mais ne nous mettent pas en danger (10 à 6). Mais les bayonnais réagissent et à ce jeu-là, en première partie du concert, nos jeunes hommes forts, Agustin Loprestti –tel Astor Piazzola et son bandonéon en concert avec Stéphane Grapelli dans les années 50… - Julian Fiorini (puis Aretz Iguinitz)et Arnaud Héguy (puis son compère David Roumieu) vont signer un combat de toute première catégorie face à une première ligne castraise plus lourde et plus aguérrie, mais mise sous pression. Ils tiennent et tiennent encore et font plier leurs opposants. Romain Terrain va souffrir beaucoup. Et notre équipe campe dans leur partie de terrain. Toujours est-il que la section des cuivres, enfin, je veux dire le huit de devant, souvent épaulé par Richard Dourthe et Mickael Lopez, intraitable et impeccable tout au long de sa prestation, vont aller de l’autre côté de la ligne (17 à 6). La mi-temps arrive au bon moment pour Manny qui sort sur blessure à la tête. Ce fut un jour de sang (comme pour Dizzy au Carnegy Hall en 1966). Il est remplacé une première fois par Henri-Pierre Vermis qui aura eu un temps de jeu lui permettant, je l’espère pour lui, de prendre du plaisir.

La deuxième mi-temps va démarrer avec les mêmes intentions et la même volonté des 2 côtés. Les compagnons de Lionel Nallet vont redresser la tête, mais le sort en a décidé ainsi, la formation bayonnaise, et ses solistes, va encore être en verve (sans jeu de mots par rapport à un célèbre vieux label de jazz). En défense il va falloir serrer les rangs. Les deux orchestres font quelques erreurs mais assez peu et se tiennent correctement – du moins en terme de rugby et pas de ballet classique – et l’arbitre (Big Chief, selon J. Gaines par Dr John) n’a pas beaucoup à intervenir, tout se passe bien – semble-t-il. Les chocs sont relativement sévères, mais sans engagement il ne peut y avoir de succès. Et Mickael Lopez sort quelques instants pour un saignement à la tête plus impressionnant que grave et il reviendra quelques instants plus tard, il est remplacé par Johnny Howard qui fera plus qu’il n’a jamais fait lors de ses autres sorties, il semble tenir très bien son pack et ses lancements de jeu. Lui aussi aura à subir, un peu plus tard, une légère commotion sur un regroupement, mais il défendra solidement sa part de gâteau. Les rifs et les solos se succèdent, seulement stoppés par une défense de plus en plus sollicitée, et tout à coup, sur une balle récupérée dans un regroupement par Rob Linde, revenu à son meilleur niveau, et relancée dans une charge puissante par l’autre revenant du jour, Marc Baget, une fois de plus Graig Gower prend l’intervalle, ouvre le flacon et marque entre les poteaux, çà y est, la victoire est en vue et le point bonus aussi… (27 à 9). Mais l’autre formation avec son style puissant et compact va se révéler, peut-être un peu tardivement, mais efficacement.

Lionel Nallet, qu’une certaine propagande disait incertain avant le match, est là et bien là, en vrai capitaine – et de l’Equipe de France – ne devait pas décevoir. Il réorganise et lance toute son équipe dans une succession de regroupements et de mauls sur notre ligne, mais les jeunes, avec l’exemple des Pepito Elhorga, Benjamin Lhande, Graig Gower, toujours lui, et Richard Dourthe, défendent pied à pied, sans commettre de fautes, jusqu’à ce que, malheureusement une brèche remarquablement exploitée permette à Florian Faure de passer la ligne. Le public apprécie le mouvement. Tout ce temps fort a été intense et nous, les spectateurs comptions les minutes, mais là, il fallait se rendre à l’évidence, ils avaient été les plus forts. Sur le coup d’envoi, les txuri urdin reviennent dans le camp castrais pour essayer de reprendre le point perdu. Mais, malgré une touche trouvée de façon remarquable par un Richard Dourthe au sommet de sa forme, dans les 5m adverses, ils ne purent concrétiser leur domination, car dans un sursaut d’orgueil les fiers adversaires du jour s’opposèrent aux bayonnais et les renvoyèrent. Mais une toute dernière attaque aurait pu (du ?) aller dans l’en but avec l’incontournable Graig Gower. Alors la balle sortit en touche et l’arbitre siffla la fin de la rencontre.

Oui, ce match est pour moi le symbole de la liberté dans le sport. Ce n’était pas un match sans enjeu, mais les bayonnais étaient libérés après leur prestation certes victorieuse mais relativement médiocre à Auch la semaines précédente, et les castrais aussi me semblaient libres. Mais les relances des arrières de leur côté furent inefficaces, même si leur essai a été marqué par un ¾ centre, mais après un très long et très efficace travail des avants autour de leur capitaine, de Colin Gaston entré la place de Capo-Ortega, de leur troisième ligne et des compagnons du talonneur. En outre, les anciens castrais bayonnais et ancien bayonnais castrais semblaient bien chez eux à Jean Dauger. Le public voulait revoir Milford et lui dire qu’il l’aimait toujours, et les Bernad, Roumieu, Peyras… Voulaient bien faire face à leurs anciens coéquipiers. De même Marticorena avait à cœur de bien figurer, mais, la défense l’en a empêché. On a senti surtout Manny Edmonds, sûr de son sujet, libérant ainsi les espaces et les envies de joueurs tels que son compatriote, mais aussi, et je n’en ai pas parlé jusqu’ici, de Jean-Baptiste Peyras plus à son aise dans un jeu débridé, tout comme Pepito avec lequel il a alterné en fin de match au poste d’arrière.
Que dire, sinon que la deuxième ligne bayonnaise n’a pas laissé beaucoup de miettes à son adversaire, et que ce soit Rob Linde et Nicolas Lafite – ou son remplaçant Andrew Springgay –ils ont été à la hauteur de leur tâche face à une des meilleures deuxième ligne du championnat.

Bon, j’aurais pu vous parler aussi d’Ornette Coleman, mais il n’est pas simple à suivre, et ses comparses sont souvent des faire valoir, alors qu’ici nous avons affaire à deux formations où les 15 interprètes ont la même valeur, la même responsabilité. Imaginez que ce type de formation aurait un chef comme Gill Evans au piano, un pupitre de saxo avec Charlie Parker, Coleman Hawkins, John Coltrane, Art Pepper, Sonny Rollins, Archie Shepp, des trompettistes comme Dizzy, Miles, Chet Baker, Wynton Marsalis et Louis Armstrong, des clarinettistes comme Sydney Bechet et Bill Coleman, avec Art Blakey et Gene Krupa à la batterie et des solistes suplémentaires comme Mc Coy Tiner, Ahmad Jamal et Thelonius Monk ou Herbie Hancok au piano… Non arrêtez, je délire, car ce n’est pas possible, une équipe de rugby n’a pas de tels solistes – sinon les blacks, et encore -, mais l’ensemble fonctionne. Qui connaît tous les musiciens de Duke ou du Count ? Mais que veut dire jazz, sinon liberté d’interpréter sa partie avec toute sa foi, toute sa force, tout son honneur et dans le son des autres. Il y a beaucoup de défauts aussi dans ce match, et d’autres vont les souligner si ce n’est déjà fait, mais le rugby, pour moi c’est çà (Crescent par John Coltrane), du rythme, exploration de voies nouvelles, rupture de tempo, reprise, clin d’œil… Comme ce geste de Richard, en première mi-temps, vers la petite tribune indiquant qu’il sentait sa chaleur. De fait, le public a aussi fait le bœuf – rien à voir avec le toro… - avec les artistes sur le pré. Ils ont repris en chœur des chants comme Hegoak Vino Griego, encore et toujours, Bagare (?) mais les cris de joie recouvraient sans cesse ces si beaux chants basques que je ne sais si c’est ce dernier qui a été entonné au moment de l’essai de Bernad.

J’ai pris un pied génial samedi… Et en plus Xavier Garbajosa a joué l’intégralité de son deuxième match à la suite avec les espoirs sans se blesser… Il a l’air affûté et il reviendra peut-être très vite, surtout si Graig Gower a besoin de soigner une blessure qu’il s’est faite en toute fin de match.


Je me suis lâché grave non les mecs ?
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